Perturbateurs endocriniens au quotidien

  Perturbateurs endocriniens au quotidien Conférence-débat à Alternatiba, Poitiers Omniprésents dans notre vie quotidienne, susceptibles de favoriser de nombreuses pathologies, les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances au comportement très particulier. Un véritable défi pour les scientifiques, mais aussi pour les décideurs Continuer la lecture Perturbateurs endocriniens au quotidien Continuer la lecture Perturbateurs endocriniens au quotidien

Perturbateurs endocriniens : des scientifiques tirent la sonnette d’alerte

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Mardi 29 novembre, le quotidien Le Monde publie une tribune signée par près de 100 scientifiques réputés. Ils dénoncent la stratégie des industriels, qui orientent la politique de Bruxelles en matière de santé publique et d’environnement, et crient : halte à la manipulation de la science.

Un proche environnement inquiétant

Depuis 50 ans, le nombre de produits chimiques a littéralement explosé dans notre quotidien.
Tous les secteurs ont « profité » de leurs bienfaits, que ce soit les cosmétiques, l’alimentation, l’ameublement, les matériaux de construction. Ou encore les produits phytosanitaires que leurs promoteurs appellent pompeusement « médicaments des plantes ».
Or, tous ces secteurs qui nous « touchent » au plus près contiennent aussi des molécules chimiques qui ont la fâcheuse habitude d’interférer avec nos hormones. On les qualifie pour cela de perturbateurs endocriniens.
« Jusqu’à quand la dangerosité des perturbateurs endocriniens sera-t-elle minimisée par les instances politiques ? » s’interrogent les scientifiques dans leur tribune « Jusqu’à quand les industriels parviendront-ils à imposer leur calendriers et leurs choix en matière de réglementation européenne sur des substances pourtant décriées depuis des années par la communauté scientifique ? ».
Il faut dire que les industriels concernés sont très forts pour « endormir » les technocrates de Bruxelles. Résultat : la commission européenne se montre incapable de légiférer pour encadrer correctement l’utilisation de ces produits, pourtant jugés dangereux pour la santé humaine.

Côté pile : les dangers apparaissent de plus en plus nettement …

Jamais l’humanité n’a été confrontée à un fardeau aussi important de maladies en lien avec le système hormonal : cancers du sein, du testicule, de l’ovaire ou de la prostate, troubles du développement du cerveau, diabète, obésité, non-descente des testicules à la naissance, malformations du pénis et détérioration de la qualité spermatique.

Plongez dans la recherche des causes de ces évolutions préoccupantes et vous trouverez naturellement plusieurs facteurs. Mais l’un d’entre eux revient dans toutes les études : de nombreux produits chimiques peuvent interférer avec le système hormonal.

Citons : les agents plastifiants dans les produits d’hygiène, les retardateurs de flamme dans les meubles et l’électronique, ou encore les résidus de pesticides dans notre alimentation. Ils peuvent interagir avec les hormones naturelles, en bloquant leur action par exemple. Cette interaction est d’autant plus grave si elle se produit lors de périodes critiques du développement, pendant la grossesse ou encore à la puberté.

Côté face : les lobbies sont à l’œuvre …

Dans un tel contexte, on aurait pu s’attendre (« naïvement » ?) à la mise en application du fameux “principe de précaution”. On stoppe l’utilisation des substances mises en cause, et on réfléchit.

Trop simple ! Trop naïf, surtout.

Que faites-vous des enjeux financiers mis en jeu ?

Selon les signataires de la tribune, la stratégie des fabricants est souvent la même : d’abord nier en bloc les accusations ; si une étude vient confirmer les risques, sortir ensuite une contre-étude pour maintenir le doute ; et enfin entretenir habilement une conrtoverse douteuse.

Et sur la tranche, l’Europe …

Sur la tranche, ou sur la touche ! Le dossier sur les perturbateurs endocriniens traîne dans les bureaux européens depuis 2009. Sans cesse repoussée, la définition même de ce qu’est un perturbateur endocrinien a finalement été timidement adoptée en juin 2016.

Cette définition a été l’objet de diverses critiques parmi les organismes spécialisés. Notons-en une : le fait qu’elle ne classe les substances qu’en deux catégories – perturbateur endocrinien avéré, ou non. Impossible donc d’émettre un doute ou d’appliquer un principe de précaution, comme c’est le cas pour les substances cancérogènes, classées en quatre catégories (avéré, probable, inclassable, inoffensif). 

Mais alors, pourquoi cet immobilisme ?

Selon les signataires de la tribune publiée par le quotidien, les financements privés gangrènent la prétendue impartialité des études européennes sur lesquelles se basent les législations.

“Des individus dans le déni de la science ou financés par des intérêts industriels déforment délibérément des preuves scientifiques afin de créer une fausse impression de controverse.”

Et que dire de l’omniprésence des lobbys et conflits d’intérêts au sein des institutions européennes ? L’an dernier, des chiffres accablants étaient dévoilés : un tiers des anciens commissaires – soit 9 sur 27 – auraient pris des fonctions dans de grandes entreprises privées issues de secteurs souvent proches de leurs affectations politiques. 

Alors, comment aller de l’avant ?

Il est nécessaire que soient renforcées les initiatives et actions des citoyens, comme des scientifiques.

Pour ces derniers, l’enjeu est de garantir l’indépendance de leurs études.

Ne tombons pas dans le piège du « faux doute » qui ne sert qu’à vendre une concurrence « libre », mais incroyablement faussée par rapport à des objectifs humains.

 

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