Augmenté malgré lui

 

Augmenté malgré lui,
Roman graphique
éd. Complicité, 133p., 13€
Dessins Mireille MOSCATI,
scénario Bruno RIONDET

Ce dimanche matin, Sulian se rase, tranquillement, dans sa salle de bains. Il est tout guilleret.
Mais quelle n’est pas sa surprise de découvrir une tache verte à son épaule droite. Intrigué, il se rend en vélo chez son amie Julie, biologiste. Mais elle est absente.
Julie travaille avec le professeur Gaume à l’Octogone, institut de recherche scientifique, spécialisé sur l’immunothérapie végétale.
Les jours passent et la tâche augmente. De plus, Sulian n’éprouve plus du tout le besoin de manger. Il se sent bien. Très bien même, aux dires de ses amis de basket, et de son entraîneur qui l’a rarement vu aussi résistant sur le terrain.
Mais Julie ne peut se satisfaire de cette situation.
Tache verte… nécessité de s’alimenter disparue… Sulian serait-il devenu une plante verte, qui se contente de rester au soleil pour faire sa photosynthèse ?
Cette idée – bien saugrenue pour Sulian – prend d’autant plus corps que Julie sait très bien que son ami a été opéré d’une greffe de peau, suite à un accident de moto survenu quelques mois auparavant.
Opération réalisée par le docteur Sillar à la Clinique de la peau, clinique en cheville avec des officines liées aux nanobiotechnologies.
Et si Sulian avait été cobaye d’une expérimentation, à son insu ? De la part d’un scientifique adepte du transhumanisme, par exemple.
Vous savez, ce courant de pensée né aux USA dans les années 80, et qui vise rien moins qu’améliorer les Humains, les augmenter, en quelque sorte.
Au fond, cette BD, tendre et sincère, interpelle sur l’humanité que nous voulons construire.

Biologistes de formation, Mireille Moscati (dessins) et Bruno Riondet (scénario) ont souhaité aborder la question du transhumanisme et des manipulations génétiques. A travers l’exemple de gènes de la photosynthèse végétale introduits chez un humain. Cette introduction, menée de façon isolée par un médecin, aboutit à faire d’un humain – qui normalement doit manger des aliments – une vraie plante verte. C’est-à-dire un organisme qui peut se contenter de rester au soleil, fabriquant ainsi les molécules indispensables à son organisme, à partir d’eau et de dioxyde de carbone.

En librairie, chez l’éditeur ou auprès des auteurs